Le Premier ministre Bernard Cazeneuve lors d’un déplacement au Tchad, le 29 décembre 2016 – ALAIN JOCARD / POOL / AFP

La France doit se préparer à une « guerre longue » contre le terrorisme. Dans cette optique, il faudrait « amplifier » l’effort financier en faveur des armées dans les prochaines années, a estimé ce jeudi le Premier ministre Bernard Cazeneuve, en déplacement
à N’Djamena, au Tchad.

« Notre pays devra continuer à faire des choix budgétaires ambitieux et lucides au profit de nos armées. Il devra soutenir de façon durable l’effort qui a été engagé sous ce quinquennat en faveur de la défense et de la sécurité de la France », a déclaré Bernard Cazeneuve lors d’une visite aux soldats de la force Barkhane au Sahel.

Combattre avec « obstination »

« Nous devons nous préparer à une guerre longue dans un environnement stratégique profondément modifié et aucun gouvernement ne pourra jamais s’exonérer d’une telle responsabilité », a-t-il ajouté.

« Partout nous devons combattre [les groupes terroristes] avec obstination jusqu’à leur défaite complète », a poursuivi le chef du gouvernement.

L’armée française est engagée sur deux fronts contre le terrorisme, en
Irak et en
Syrie face à l’organisation Etat islamique et au Sahel où elle mobilise 4 000 hommes sur cinq pays (Mauritanie, Niger, Mali, Burkina Faso, Tchad).

Bernard Cazeneuve a insisté sur le bilan du président François Hollande en la matière, en soulignant qu’il avait été le premier à stopper les suppressions d’effectifs et à relever le budget des armées au lendemain des attentats de 2015, après des années de vaches maigres.

Des « efforts supplémentaires » dans les prochaines années

« C’est le président de la République qui a donné à nos armées les ressources nécessaires à l’accomplissement de leur mission », a-t-il affirmé.

« Pour la première fois depuis des décennies leurs effectifs ont été rehaussés comme en témoigne le budget du ministère [de la Défense] pour 2017 », a-t-il dit, ajoutant qu’il augmenterait de 3,8 milliards d’euros pour la période 2015-2019.

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Le chef du gouvernement a aussi abondé dans le sens du chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, qui dans une récente tribune avait demandé un effort budgétaire accru en matière de défense, soulignant qu’« on ne gagne pas une guerre sans effort de guerre ».

Des matériels parfois vétustes

Le général de Villiers demandait « une hausse progressive du budget de la défense » pour atteindre les 2 % du PIB, contre 1,77 % actuellement, d’ici à la fin du prochain quinquennat.

François Hollande avait alors répondu que ce budget était actuellement suffisant mais qu’il faudrait faire des « efforts supplémentaires » dans les prochaines années.

Si les moyens en hommes ont été progressivement renforcés depuis les attentats de 2015, les besoins restent criants en matière de matériels (blindés, hélicoptères, avions de ravitaillement…), parfois très vétustes.

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